Loi fin de vie : Lettre de la présidente de la SFAP (Société Française d'Accompagnement et de soins Palliatifs)
Suite au vote de la loi le 15/07/2026 en 3e lecture à l'Assemblée Nationale avec 2 rejets par le Sénat. En tant que médecin adhérente à la SFAP je vous transfère ce courrier.
Lettre aux soignants :
Hier (15/07/2026), le Parlement a voté la loi sur l’aide à mourir.
C’est évidemment un évènement marquant pour la communauté palliative que nous sommes.
Marquant parce qu’il concerne nos patients.
Marquant parce qu’il va tous nous impacter dans notre pratique palliative.
Et marquant bien sûr parce que depuis des années, la SFAP a tout fait, tout, pour faire entendre nos convictions ; nées de notre expérience quotidienne auprès des malades :
- Ce dont les patients ont besoin c’est surtout qu’on les aide à vivre, que la société se donne et nous donne les moyens de les soulager et de les accompagner.
- Donner la mort n’est pas un soin, et la relation soignant-soigné est un bien fragile et précieux.
Nous l’avons dit aux parlementaires, au gouvernement, dans les médias, partout où notre voix pouvait porter.
Nous avons même fait le choix, exigeant et parfois inconfortable, de nous engager dans le débat pour proposer des solutions concrètes limitant les effets de ce texte sur la relation de soin. Ce choix, nous l’avons fait par fidélité à ceux que nous soignons.
Nous n’avons malheureusement pas été suffisamment entendus (...)
Nous défendrons sans relâche le développement effectif, partout et pour tous, des soins palliatifs qui sont pour nous une alternative préférable à l’aide à mourir. Parce qu’avant tout, nous refusons qu’un patient demande la mort par défaut de soins.
Et nous défendrons aussi avec force la protection des plus vulnérables, le respect de la clause de conscience de chaque professionnel, et la liberté des équipes et des services (...)
Nous avons besoin de vous, de vos compétences, de votre présence fidèle auprès des personnes malades et de leurs proches, pour démontrer jour après jour que les soins palliatifs sont la réponse préférable à la souffrance : celle qui soulage sans abandonner, qui accompagne jusqu’au bout et qui répond à la détresse par la présence plutôt que par la mort.
Notre société aura plus que jamais besoin de ce que nous savons faire.
Avec toute ma confiance et mon amitié,
Dr Ségolène Perruchio
Présidente de la SFAP